Mois de l’histoire des Noirs

“Honorer le passe, Inspirer l’avenir”

Le Mois de l’histoire des Noirs est l’occasion de réfléchir et de célébrer les nombreuses réalisations et contributions de Canadiens et Canadiennes noir.e.s et de leurs communautés au cours de l’histoire favorisant ainsi le Canada multiculturel et prospère que nous connaissons aujourd’hui.

Les communautés noires canadiennes sont aussi diverses que la nation Canadienne, alors soyons curieux.ses et ouverts.es pour se rapprocher et en apprendre plus!

31e mois de l'histoire des Noirs

Programmation

Participez aux nombreuses activités proposées: https://www.moishistoiredesnoirs.com/

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Portraits

PERSONNAGES CLÉS DE L’HISTOIRE DES NOIRS EN COLOMBIE-BRITANNIQUE

 

 

Héritée de l’histoire de l’esclavage et de la ségrégation raciale qui a favorisé un racisme anti-Noirs, l’histoire des afro-canadiens et de leurs réalisations est restée longtemps invisible. Elle ne faisait pas partie de l’histoire du pays transmise à l’école ou en société. Au milieu du 19e siècle, plusieurs centaines de personnes Noires ont fui l’oppression raciale en Californie pour venir s’installer en Colombie-Britannique. Voici notre sélection de 5 figures historiques de la Colombie-Britannique qui ont enrichi notre histoire.

  • Emma Stark, fut la première enseignante Noire sur l’île de Vancouver. Sa famille était arrivée depuis la Californie pour s’installer d’abord sur l’île de Saltspring en 1860. Elle avait été formée à Nanaimo et a fait partie des 32 enseignants des écoles publiques de la Colombie-Britannique de l’époque.
  • John Sullivan Deas, s’est installé sur l’île de Vancouver en 1862. Il y a exploité une quincaillerie nommée le « Birmingham House » avant de passer un contrat, en 1870, pour fabriquer des boîtes de conserve pour la conserverie de saumon d’Edward Stamp à New Westminster. Il se lança ensuite dans la fabrication de conserves de saumon à son propre compte, exerçant son droit de préemption sur la terre qui porte aujourd’hui son nom.
  • Mifflin Wistar Gibbs est le premier politicien noir au Canada. Il a été élu conseiller municipal de la Ville de Victoria en 1866. Politicien, juge, diplomate, banquier et entrepreneur, il réussit en affaires en Colombie-Britannique coloniale sur un peu plus d’une décennie. Il donne ainsi une voix à la communauté noire, agit en tant qu’élu et contribue à l’entrée de la province dans la Confédération.
  • William Allen Jones, ou docteur sans douleur, fut le premier dentiste de la Colombie-Britannique en 1886. Il avait d’abord vécu sur l’île de Saltspring avant de se rendre à Barkerville, dans l’est de la province, pour profiter de la ruée vers l’or.
  • Eleanor Collins, première dame du jazz de Vancouver, chanteuse et actrice, a été la première femme canadienne à avoir sa propre émission de télévision nationale (The Eleanor Show en 1955 et Eleanor en 1964 sur CBC TV). Elle a reçu de nombreux prix comme le BC Entertainment Hall of Fame et est Membre de l’Ordre du Canada. Elle a été pionnière et leader dans le développement de la l’industrie musicale en Colombie-Britannique.

Nous vous invitons à aller plus loin en consultant ces ressources clés et découvrir encore plus de personnes Noires remarquables de la Colombie-Britannique et du Canada:

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LES ENJEUX ACTUELS DES COMMUNAUTÉS NOIRES

 

Le principal enjeu pour la population noire du pays comme pour la Colombie-Britannique est la discrimination qu’elle subit ce qui engendre d’autres défis comme l’accès à l’emploi ou au logement.
Statistique Canada définit la discrimination comme étant:la discrimination ou le traitement injuste désigne le fait de traiter les personnes différemment, négativement ou défavorablement en raison de leur race, de leur âge, de leur religion, de leur sexe ou d’autres caractéristiques.

La Loi sur l’équité en matière d’emploi définit les minorités visibles comme « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ». La notion de racisme systémique est encore controversée – car elle relève de comportements et schémas de pensée inconscients – mais nous pouvons retenir la définition jugée simpliste par certains du Petit Robert :  “relatif à un système dans son ensemble.”

Quelques chiffres: 
  • en 2020, 63 % des membres de la population noire du pays déclarent avoir été victimes de discrimination au cours des cinq ans précédant le début de la pandémie ou pendant celle-ci. Cette proportion est presque deux fois plus élevée que pour la population blanche qui est de 32 %.
  • 73% des jeunes noirs âgés de 15 à 34 ans étaient susceptibles de déclarer avoir été victimes de discrimination;
  • 57% de la population noire née à l’extérieur du Canada étaient susceptibles de déclarer avoir été victimes de discrimination ou de traitement injuste contre 83% des noirs nés au Canada;
Le fait d’avoir été victime de discrimination entraîne des répercussions négatives au
niveau social, économique et psychologique. Nous retiendrons ici trois résultats pour
Vancouver : 
  • les personnes noires étaient moins susceptibles que leurs homologues dans le reste de la population d’être titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade, par environ 10 points de pourcentage.
  • les taux de chômage des personnes noires étaient environ une fois et demie supérieurs à ceux de leurs homologues dans le reste de la population;
  • Près de deux fois plus d’enfants noirs vivaient en situation de faible revenu (soit 31,9 %), par rapport aux enfants dans le reste de la population. 
     
    En Colombie-Britannique, contrairement aux autres provinces, il n’y a pas de quartier dédié pour la population noire qui se retrouve dispersée. Ce qui, d’après le Dr Handel Kashope Wright, ne favorise pas la visibilité de la communauté noire. Nous sommes si dispersés que nous sommes négligeables.”
     
Bien que la population noire soit très diverse, qu’il s’agisse de son origine ou de son expérience, et qu’elle évolue, on peut retenir que ses principaux défis actuels sont:
  
  • la discrimination qu’elle peut subir,
  • le taux à l’emploi et des revenus plus faibles,
  • l’accès à au logement plus difficile;
  • sa visibilité et sa place au sein de la société. 
    Il faut aussi noter que les différentes études démontrent une différence entre les personnes noires immigrantes et non-immigrantes.
En savoir plus :

Ressources pour continuer au-delà du mois de février

Prendre le temps de lire, de regarder, d’écouter, de se rapprocher, voilà ce que permet ce mois de février. Cela dit, nous l’avons vu, un mois est beaucoup trop court pour tout apprendre sur l’histoire des Noirs et les enjeux actuels des communautés noires de la province et du pays.  Pour aller plus loin, voici une liste de ressources potentielles non exhaustive :

Général: 

 

Histoire: 

 

Enjeux actuels: 

 

En Colombie-Britannique:  

Aux origines du Mois de l’Histoire des Noirs.

 

Aux origines du mois de l'histoire des Noirs

L’histoire commence aux États-Unis. C’est Carter G. Woodsen, historien afro-américain, qui fut l’instigateur de la Semaine des Noirs (la Negro History Week) en février 1926.

Le mois de février choisi pour rendre hommage à deux abolitionnistes de l’esclavage nés durant ce mois : Frederick Douglas et Abraham Lincoln. L’objectif était de célébrer les réalisations des Afro-Américains aux États-Unis et d’encourager l’étude de l’histoire afro-américaine.

C’est en 1976 que la Semaine des Noirs devint le Mois de l’histoire des Noirs, dans le cadre des festivités du bicentenaire américain.

Au Canada, la Semaine de l’histoire des Noirs a été créée au début des années 1970, puis est devenue le Mois de l’histoire des Noirs en 1976. C’est en 1995 que, le mois de février a été officiellement reconnu le Mois de l’Histoire des Noirs par la Chambre des communes, grâce à la motion introduite par l’Honorable Jean Augustine, la première Canadienne noire élue au Parlement. Puis, en 2008, c’est le Sénat qui reconnaît le Mois de l’histoire des Noirs.

 

Pour en savoir plus : https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/campagnes/mois-histoire-des-noirs/a-propos.html

DATES ET RESSOURCES CLÉS SUR L’HISTOIRE DES NOIRS

 

Dates et ressources clés sur l'histoire des Noirs

 

L’histoire des Noirs au Canada remonte au 17e siècle et s’appuie sur le parcours de personnes d’origine africaine remarquables. Les afro-canadiens partagent un patrimoine africain commun et sont formés, aujourd’hui, de personnes qui viennent de différents endroits du monde: les États-Unis, l’Amérique du Sud, les Antilles, l’Europe, l’Afrique et le Canada.

Au moins, 3 dates clés à retenir pour le Canada et la Colombie-Britannique: 
1605: Mathieu Da Costa, homme libre, fut la première personne noire connue à arriver sur le territoire que l’on connaît aujourd’hui comme le Canada. Il était navigateur, interprète et commerçant pour des explorateurs français et néerlandais lors d’expéditions en NouvelleFrance.
1834: la Loi sur l’abolition de l’esclavage, qui a reçu l’approbation royale en entre en vigueur le 1er août 1834. Le Slavery Abolition Act abolit l’esclavage dans la plupart des colonies britanniques et libère plus de 800 000 personnes d’origine africaine dans les Caraïbes, en Afrique du Sud et au Canada.
1858: environ 800 personnes noires libres ont quitté l’oppression raciale de la Californie pour s’installer sur l’île de Vancouver et de Salt Spring. Vers 1900, pour des raisons économiques, certaines personnes se sont installées à Vancouver. Entre 1920 et 1960, une communauté Noire s’est formée dans le East End de Vancouver, un quartier qu’on a appelé le Hogan’s Alley. C’était un important centre culturel, de travail et de vie pour les communautés noires de Vancouver jusqu’à ce que la ville décide de restructurer le quartier. Pour construire des routes, elle a exproprié ou détruit des immeubles ce qui a mis fin à cette vie communautaire. Depuis, il n’y a plus eu de quartier identifié en tant que tel pour les communautés Noires. Une vidéo ici vous en dit plus.

Enfin, parce que l’histoire des Noirs du Canada est riche et ne peut être contenue dans quelques lignes, voici des ressources pour aller encore plus loin :

L’histoire des Noirs de l’encyclopédie canadienne  
Des films de l’ONF à visionner  
Sur le Hogan’s Alley de Vancouver  

PHOTOGRAPHIE CHIFFRÉE DE LA POPULATION NOIRE AUJOURD’HUI

 

D’après le recensement de Statistique Canada de 2016, 3,5% de la population du Canada contre 1% en Colombie-Britannique s’identifie comme personne noire. Le recensement précise aussi qu’au Canada :

  • la population noire est très diverse. La majorité de la  population noire est née au pays (plus de 4 personnes noires 10). Sinon, elles sont nées dans 170 pays différents et ont plus 200 origines ethniques ou culturelles différentes;
  • 28,0% de la population noire parle le français à la maison contre 23,3% de la population totale;
  • la population noire est plus jeune puisque l’âge moyen de la population noire était de 29,6 ans contre 40,7 ans pour la population canadienne;
  • d’ici 2036, la population noire du Canada devrait s’accroître et représenter entre 5 et 5,6% de la population du pays;
  • 22% de la population du pays s’identifie comme faisant partie de la minorité visible, et parmi elle, 15,5% sont des personnes noires.

Selon le même ce recensement, en Colombie-Britannique:

  • la population noire augmente beaucoup plus lentement que dans les provinces voisines et cela même si elle a doublé entre 1996 et 2016. En comparaison, c’est en Ontario que la population noire est la plus large et rassemble 52,4% de la population noire du pays;
  • les personnes noires ont une longue histoire au pays et représentent seulement 2,5% des nouveaux arrivants de la province;
  • 94,4 % de la population noire parle l’anglais en première langue contre 4,4% qui parlent le français. Chez les immigrants noirs, 92% parlent l’anglais et 6% le français.

Statistique Canada est entrain de publier de nouveaux chiffres à la suite du recensement de 2021, ce qui devrait nous en apprendre plus.

Pour aller plus loin:

PERSPECTIVES

 

Le Mois de l’Histoire des Noirs permet de donner un coup de projecteur à l’histoire des personnes noires du Canada. Cela nous permet de retourner en arrière pour mieux comprendre, et aussi, de regarder de plus près les enjeux actuels. C’est un
temps pour en apprendre plus sur des personnages historiques clés, mais aussi sur- des personnes noires qui animent notre communauté francophone de la Colombie-
Britannique aujourd’hui.

Cependant, comme chaque histoire humaine, l’histoire des Noirs est riche et va au-delà de ce qui peut être proposé sur cette page. Ne l’enfermons pas dans une boîte. Cette histoire, elle s’écrit au quotidien.
Comme l’explique le chercheur Handel Wright dans son article pour l’Université de la Colombie-Britannique, peut-être que nous pourrions parler de la continuité noire plutôt que de l’histoire des Noirs?

Il ne faut pas avoir peur de questionner ce que l’on croit connaître et rester ouvert à l’émergence d’autres perspectives. Finalement, à qui revient la responsabilité d’écrire cette histoire? Est-elle la responsabilité de chacun.e? Ou au contraire, doit-elle rester la seule responsabilité des personnes qu’elle concerne? Comment la célébrer sans donner l’impression de la cloisonner à un mois dans l’année seulement?
Comment l’intégrer dans nos enjeux de société globaux sans que cela devienne un produit marketing ou de la récupération politique? Comment éviter que les traumatismes du passé ne fassent que, d’un côté, nous ayons des comportements de
rachats de consciences maladroits, et de l’autre, des personnes sur la défensive?
Comment faire tomber ces barrières invisibles inconscientes qui nous empêchent parfois de nous rapprocher? Comment réconcilier le passé et le présent pour aller vers un avenir commun auquel tous ensemble nous aurions envie de participer?
Autant de questions en suspens qui peuvent être discutés toute l’année, et qui sait, peut-être revenir l’année prochaine, avec de nouvelles pistes de solutions.  
 
En savoir plus: